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Quelques précisions géologiques, partie une

Histoire de la Pangée

La Pangée a été un supercontinent formé au Carbonifère par collision de deux sous-ensembles : Laurussia et Protogondwana. Elle regroupe l'ensemble des terres émergées.
Des grandes chaînes de montagnes (orogenèse hercynienne) s'élèvent et la Pangée est réunie à la fin du Permien 250 Ma. Elle est entourée d'un océan unique, la Panthalassa ancêtre du Pacifique et d'un bras énorme, la Téthys. Une extinction majeure des espèces terrestres et marines en est résultée, avec l'expansion de gigantesques déserts intérieurs.
Il a fallu plus de 200 Ma pour rassembler la Pangée. Il en faudra 200 autres pour en disperser les morceaux, processus toujours en cours.

La fragmentation : l'accumulation de chaleur sous le super-continent dilate et bombe la lithosphère, qui se fracture dès la fin du Trias. Les fragments divergent par convection mantellique et gravité et le magma s'infiltre dans les fissures (volcanisme continental). Le volcanisme sous-marin forme les planchers océaniques basaltiques.
La fragmentation s'accélère au Jurassique 160 Ma. Les deux sous-continents Laurasia et Gondwana se séparent. Au sud l'ouverture pivote depuis Gibraltar.
Au début du Crétacé 120 Ma apparaît l'océan Atlantique. Puis le bloc Antarctique-Inde-Australie se disloque, rupture entre l'Amérique du Sud et l'Afrique.
En fin du Crétacé 80 Ma, le petit bloc de l'Inde migre vers le nord. La Téthys se referme.
À l'Éocène 40 Ma, le système alpin apparaît et la Méditerranée se constitue.
Au Miocène 10 Ma l'Inde emboutit la Chine en formant l'Himalaya. Les continents et les plaques lithosphériques ressemblent à ceux de notre époque.

La Méditerranée

C'est un vestige de la Téthys, ancien bras de l'unique océan Panthalassa qui, au Crétacé, s'est fermée progressivement par subduction due au rapprochement des continents africain Gondwana et eurasiatique Laurasia. Fermeture accompagnée des orogénèses Pyrénéennes et Alpines.
À l'Oligocène 30 Ma, la Méditerranée occidentale subit un étirement qui sépare la Corse et la Sardaigne du continent.
La Téthys se ferme au moyen Orient vers 20 Ma, se rouvre et ferme encore vers 14 Ma.
Vers 5 Ma le détroit de Gibraltar se ferme par mouvements sismiques, réduisant la Méditerranée à un lac salé : c'est la crise de salinité messinienne, avec des dépôts salins (évaporites) empilés sur des kilomètres d'épaisseur, des fleuves qui creusent des canyons à 1.500 m sous le niveau originel (Nil, Rhône, Var). La mer Noire est isolée.
300.000 ans plus tard, d'autres séismes ouvrent le barrage et une énorme cascade emplit la Méditerranée en quelques années...
Les fonds de cette mer se modifient encore aujourd'hui par l'affrontement Afrique-Eurasie, qui provoque des séismes en Italie, Grèce, Turquie, Israël, France, Algérie et entretient les volcans italiens (champs Phlégréens, Etna, Vésuve, Stromboli, Santorin, Empédocle sous-marin)... En Italie le front de contact des deux blocs forme les Apennins.

L'estérellite du Dramont

Autour de Saint-Raphaël, la rhyolite rouge du Permien caractérise l'Esterel. Mais une autre roche bleue plus rare entièrement cristallisée, l'estérellite, s'est infiltrée à l'Oligocène 39 Ma. C'est une roche magmatique de subduction liée à l'orogenèse alpine, parfois surnommée "porphyre bleu".
Plusieurs variétés : amphiboles et pyroxènes (Drammont), amphiboles siliceux alcalin, à biotite (Pierre-Levée), feldspaths plagioclases (Boulouris).
La roche était connue des Romains, qui la travaillaient comme le marbre.

Le plateau de Caussols

Pendant le Jurassique et le Crétacé, la mer recouvre la région et les sédiments s'accumulent. Au Trias 200 Ma une couche d'argile se dépose, qui servira ensuite de couche de glissement. Épaisseur des dépôts fossilifères soumis à la diagénèse : 5.000 mètres.
Soulèvement alpin à 45 Ma, la remontée du socle cristallin donne le Mercantour. À 20 Ma les terrains exondés forment les Chaînes Subalpines. Par gravité, ces terrains glissent vers le sud avec fracturations et recouvrements, les terrains tertiaires récents chevauchent les terrains plus anciens et sont alors érodés. Ces mouvements ont été stoppés par le Tanneron, massif cristallin inamovible.
Caussols se situe entre des chevauchements basculés. La plaine est une cuvette à fond plat composée en partie d'argile imperméable et de marnes provenant de la dissolution du calcaire. Les eaux sont drainées vers un point bas et s'écoulent dans une fissure du sol, puis ressortent en sources dans la vallée. Ce phénomène est courant dans les terrains karstiques, il mène aussi à la formation des dolines.
La plaine est un "poljé" et le trou d'évacuation est un "ponor" ou "embut" toujours actif. À l'extrémité du plateau le Pissaréou est un ponor occasionnel. À Thorenc le ponor a été obstrué pour créer un lac touristique.

Les baous

Les nappes, éléments de base des Alpes du Sud, sont des déplacements de terrains de grande ampleur sur des distances considérables (exemple entre Briançon et Gap). Alors que les chaines proviennent de la compression des sols due à la surrection des Alpes et du Mercantour depuis 45 Ma, les nappes sont charriées par effet de pente (gravité).
Les sédiments déposés pendant le Secondaire et exondés vers 20 Ma, glissent lentement vers le Sud sur la couche argileuse du Trias à la vitesse de 1 à 2 mm/an. Ces nappes de charriage recouvrent progressivement les terrains du Tertiaire, notamment Miocène 23 Ma, comme à Caussols par exemple. Il y a inversion dans la chronologie des dépôts.
Lorsque le débordement est important, la nappe s'effondre en à-pic rocheux nommé baou, du provençal gros rocher. Exemples : le Garlaban, les baous de Saint Jeannet et autres ...